Histoire de Froidfond

La paroisse de Froidefont

La Paroisse de Froidefont fut probablement fondée par des religieux bénédictins, entre le 10ème et le 14ème siècle. L'abbé de Saint-Léger (près de Niort, alors du diocèse de Saintes) y envoya des prieurs jusqu'au 16ème siècle, époque à laquelle son abbaye fut détruite par les protestants. Dès lors, la nomination des curés de Froidefont appartenait aux évèques de Luçon.

Par la suite, la paroisse fut formée par la commune proprement dite et par une fraction de l'ancienne paroisse de Saint-Croix-de-Coudrie, bornée au nord par la Garnache et Saint-Etienne-de-Mer-Morte (diocèse de Nantes), à l'est par Touvois (également diocèse de Nantes) et Falleron, au sud par Saint Christophe du Ligneron et à l'ouest par la paroisse de Challans.


Les seigneurs de Froidefont

Avant le 13° siècle, les seigneurs de Raiz et de Machecoul reignait sur Froidefont.

A partir de 1230, et jusqu'à 1375, se sont succédés comme seigneurs de Froidefont Gérard Chabot, Jeanne Chabot, Catherine de Machecoul, Gilles de Raiz, René de Laval, Jeanne de Laval.

Puis pendant trois siècle, jusqu'à la révolution en 1703, les seigneurs de Froidefont sont complètement inconnus.


Les guerres de Vendée

Le combat de la Chambaudière (raconté par l'abbé Milcent) :

"Dans le mois de mars 1795, le général Charette fait un rassemblement au village de la Cambaudière de Froidefont. Environ 800 hommes s'y rassemblent. Le général Travoten est averti par un espion: il vient avec 1500 hommes de troupes, dont une partie de cavalerie, pour surprendre le général royaliste. Charette, trop faible en nombre, se retire, gagne les hauteurs de la Caltière, traverse Le Falleron à la Suchoire et s'en va vers Touvois et legé.

Il n'y eut qu'un léger combat à la Chambaudière, parce-que le rassemblement n'eut pas le temps de se compléter."

 

L'abbé Deniau explique d'une manière différente ce combat :

    - il fixe la date du combat au 18 juillet 1794

    - donne 4000 hommes au général républicains et 1500 volontaires au général royaliste

 

    Le 15 septembre 1794, des paysans eurent l'occasion de se distinguer sur un champ de bataille voisin de leur paroisse, à Fréligné, où l'armée royaliste remporta un éclatant triomphe. Les soldats de Charette mal armés attaquèrent 2000 républicains aguerris, qui s'étaient retranchés sur une colline, dans un camp entouré de palissades et des fossés. La fusillade fut terrible pendant plus d'une heure. Les paysans, en suivant leur chef, franchirent les palissades et tombèrent sur leurs ennemis. Ils en firent un horrible massacre et le butin fut immense.

 

     La paroisse de Froidefont eut beaucoup à souffrir pendant les guerres de vendée : dans les années 1799, le 22 juillet, jour de la fête paronale, l'église fut brûlée par les bleus, qui incendièrent aussi les villages du Fief-Sorin et de l'Enchaisière. On ne voyait partout que pillage, incendie, meurtres, et les malheureux habitants, pour éviter la mort, durent, pendant plusieurs années, se réfugier au milieu des bois de Coudrie.


L'église de Froidefont

Nous venons de dire que cette église fut brûlée en 1799. Elle fut restaurée en 1808, c'est à dire qu'ils posaient sur les murs, calcinés par le feu, une grossière charpente fournie par les paroissiens. Ce n'était malgré cela qu'une informe masure, dont les pignons dominaient la toiture de trois ou quatre mètres ; ce n'était qu'un amoncellement lugubre de ruines où assister, en paix, au saint sacrifice de la messe.

En 1834, Mr l'abbé Milcent considèra que les réparations s'imposaient. On étudie la question, les ressources sont trouvées, le devis est approuvé (14000F) par l'évêché et par la préfecture. Il s'agissait d'agrandir l'église dans toute sa longueur, du côté du midi, à peu près de moitié, et de bâtir la tour du clocher, ainsi que la sacristie.

Le 2 juin 1835, le curé bénit la première pierre scellée dans les fondations, sous le vitrail droit, près de l'autel Saint-Jean. Le 27 novembre, les fidèles purent assister au Saint Sacrifice dans leur église restaurée et agrandie.

La tour du clocher, elle, n'était pas terminée et sous l'abondance des pluies et par défaut de construction, elle s'écroula. Les travaux, repris de suite, n'eurent aucune solidité et un nouvel écroulement eut lieu. Les travaux s'achevèrent qu'en décembre 1837.

Après un arrêté du conseil de la préfecture en date du 31 janvier 1840, les frais occasionnés par ces reconstructions furent mis au compte de l'entrepreneur et la bénédiction de l'église fut faite le 24 août 1837 par l'abbé Micheau.

 

    Parmi les nombreux calvaires qui s'élevaient dans tous les quartiers de la paroisse, nous pouvons citer:

- celui de la Chauvière (oeuvre de Jean Grelier) : bénédiction le 15 août 1843

- celui du bourg béni par l'abbé Menout le 22 juillet 1846

- celui de la Gaudinière construit par les frères Pajot sur le désir de leur père mourant, et béni le 11 mai 1856

- celui de Boutsec (route de Saint Etienne de Mer Morte) dû à la famille Dronet le 19 avril 1874.


La municipalité de Froidefont de 1800 à la fin du XIXième

Dans l'année 1800 et les suivantes, l'autorité civile était exercée par le nommé Jean Boucard, propriétaire à la Galloisière; il avait le titre d'agent municipal.

    En 1810, le titre du Maire appartint à Jacques Robin, farinier à Mocsouris.

    En 1815, Jean-Louis Boilesve, propriétaire à la Charie, fut mis à la tête de la municipalité.

    En 1826, il céda la place à son fils Louis-Germain Boilesve qui fut Maire jusqu'en 1830.

    En 1830, Louis Blanchard prit le fauteuil de la Mairie jusqu'à sa mort le 17 janvier 1845.

    A cette époque, Louis Germain Boilesve reprit ses fonctions jusqu'en 1871.

    Baptiste Ninaud le remplaca pendant 4 ans et fut destitué le 13 mars 1874.

    Le 6 août 1874, Baptiste Grelier fut choisi par l'autorité supérieure.

   C'est Baptiste Minaud qui remplissa les fonctions de premier magistrat dans la commune de Froidefont fin XIXème.


Quelques faits divers

Dans l'année 1822, un enfant de 10 ans fut assassiné par sa propre mère, au pied de la Croix. Le père de la victime mit lui-même la justice sur les traces de la coupable, qui fut arrêtée, jugée et condamnée aux galères.

  •     En 1825, le pays fut terrifié par la présence d'un loup-cervier. Cet animal se tenait habituellement dans les bois de Coudrie, d'où il faisait de fréquentes excursions vers Challans, la Garnache et Saint-Christophe, s'attaquant aux moutons, aux petits bergers, aux hommes même. Le nombre des victimes était considérable. Une immense battue fut organisée. L'animal, cerné au moment où il sortait du bois, se jeta sur un chasseur nommé Jean Bréchet, du village de Mauvillon. Celui-ci réussit à se défendre contre le loup qui fut tué de plusieurs coups de fusil. Dans la contrée, on n'a pas encore oublié cette bête féroce, qui fut mise à mort au pont de la Sorlière, dans le petit chemin qui mène à Coudrie.
  •     La récolte des blés ayant manqué en 1847, la famine se fit horriblement sentir, dans le pays, pendant l'hiver suivant. En janvier, le froment se vendait 14F le boisseau, en février 16F et 17F, en mars et avril 20F et 23F. Les boulangers ne pouvaient fournir le pain nécessaire et on les attaquait sur les routes pour les voler. Il paraît qu'à Saint Jean de Monts certains pauvres, pour ne pas mourir de faim, furent obligés de couper la luzerne dans les champs et de la faire cuire comme des choux, afin de s'en nourrir. La misère fut telle, que les bourgeois de Challans, effrayés, se cotisèrent et firent venir 50 tonneaux de blé de Russie et d'Amérique ; ils rendirent ainsi un grand service à leurs concitoyens.
  •     Le 21 décembre 1853, à 7 heures du soir, on ressentit, en Vendée, un tremblement de terre. Il y eut deux secousses très violentes. Les maisons furent ébranlées et, à Froidefont, plusieurs sources d'eau furent déplacées.

La naissance du bourg de Froidfond

Origine géographique et historique

Le bourg de FROIDFOND s'est constitué sur une croupe de faible relief située entre deux vallons orientés Nord-Est / Sud-Ouest. Dans le vallon situé au Sud coule le ruisseau dit "de la Pouillette".

          Les quelques maisons et l'église se sont réparties sur le versant orienté au Sud-Est.

Une voie de communication très ancienne, allant de la Garnache à Grand'landes franchissait le ruisseau de "la Pouillette" par un gué et contournait le bourg par l'Ouest.

          Elle était reliée au bourg par une "bretelle" Ouest/Est. Deux autres voies importantes desservaient le bourg, le chemin de la Blanchardière qui conduisait à Saint Etienne de Mer Morte et le chemin de la Chauvière qui conduisait à Falleron. Le chemin de Challans passait par Mocque-souris et se séparait du chemin de la Garnache près du gré sur "la Pouillette".

         Au début du XIX° siècle, plusieurs villages de la commune étaient d'importance plus grande que le bourg, on peut citer ; la Chauvière, Mocque-Souris, Le Fief Sorin. Ce phénomène était fréquent dans le bocage où l'habitat dispersé était la règle et ou la présence de l'église n'était pas en soit un gage de regroupement de fermes ou d'habitations.

          De ce fait, la structure propre au village d'origine est très faible : la place de l'église, pas d'alignement, juste une demi-douzaine de maisons, deux étables et un moulin.

         Dans les voies de communications, il faut distinguer la voie Nord (Ouest)/ Sud (Est) transversale au relief qui traverse la commune suivant un itinéraire ancestral à longue distance, sans relation particulière avec le bourg, mais définie par le point de passage obligé que représentait le gué. Cette voie dont l'emprise aux formes fort peu géométriques se retrouvent encore aujourd'hui, abrite le plateau sportif scolaire. Les chemins Est/ Ouest, paralèlles au relief : un chemin de crête vers la Chauvière et un chemin de vallon pour celui de Mocque-Souris sont d'abord des voies liées aux relations avec le terroir et les villages avoisinants, elles n'avaient pas à priori de fonctions structurantes par rapport au bourg.


La voie napoléonienne

La construction dans les années 1830 de la route Legé Challans vient tangenter Froidfond. Malheureusement le respect du bourg par le nouveau tracé n'est accompagné d'aucune mesure d'urbanisme et la fragile structure du bourg se trouve désarticulée par la nouvelle logique d'implantation des constructions le long de la nouvelle voirie, sans rapport avec le relief et la structure viaire primitive. En devenant très rapidement la voie prépondérante, celle qui draine la circulation nouvelle, cette route moderne va être le lieu de développement de l'activité marchande du bourg. L'impact de sa réalisation en redécoupant des parcelles selon la nouvelle orientation permet l'implantation rapide de bâti nouveau. Mais, du point de vue urbain Froidfond tourne désormais le dos à ses origines, la logique de développement devient purement foncière et économique en rapport avec l'activité de la route. Le cadastre de 1840 indique déja la construction de 6 maisons soit autant que dans le bourg d'origine.

 

    Désormais Froidfond se développera le long de cette "avenue de l'océan" et en parallèle la rue des écoles donnera une épaisseur au bourg, ce qui évitera un développement en village rue pur et assurera un bouclage de l'activité interne. En complément, des passages piétons sont ménagés entre la rue des écoles et l'avenue de l'océan au travers de l'îlot assurant une desserte traversale de celui ci.

 

    L' heure n'est pas encore aux déviations et la vieille route de la Garnache à Grand'landes est abandonnée au profit d'un nouveau tracé plus rectiligne qui s'intègre au bourg lui même.

 

    La politique de réseau routier va créer des routes directes de bourg à bourg avec pour conséquence la prépondérance au fil des années du bourg de Froidfond  sur les autres villages de la commune. La Chauvière, Mocque souris, Le Fief Sorin, sont désormais à l'écart du trafic. Les retombées en terme de clientèle de passage bénéficie au bourg. On assiste à un développement de l'activité commerciale qui se traduit par la construction de commerces sur une rue comportant une boutique en façade au rez de chaussée, un logement à l'étage et un jardin en fond de parcelle. Les logements alternent avec les surfaces commerciales et forment peu à peu un village rue qui à peu de chose à voir avec la structure originelle. Dans les années 1950, l'avenue de l'océan comptera une quinzaine de commerces et services, la rue des écoles 2 ou 3.


Le déclin des années 60/80

A partir des années soixantes, comme beaucoup de villages dominés par un grand axe de communication, Froidfond va souffrir de l'accroissement du nombre et de la vitesse des véhicule qui, après avoir été source d'activité, va devenir une nuisance. L'apparition de la grande distribution et le changement des comportements consuméristes conjugués à un relatif exode rural amène au déclin de l'activité du bourg. Le résultat est la disparition progressive des boutiques et la disparition de l'activité urbaine le long de l'avenue de l'océan. La conquête totale du bitume sur l'espace viaire à peu chassé toutes les anecdotes particulières et donne un espace uniforme à la limite de la survie. La politique urbaine choisie ne permet pas d'enrayer cette tendance, car rien ne vient relancer l'activité du bourg. Cet état de fait est aggravé par la création, pour des raisons sans rapport avec la logique de développement, d'un lotissement situé à 500 m hors du bourg sur la route de la Garnache. Cela ne permet pas de traduire en termes urbains la dynamique de nouveaux arrivants puisque ce lotissement ne se structure pas en relation avec le vieux bourg.


Le recentrage des années 90

La réhabilitation de l'école, du presbytère, de la bibliothèque forment un ensemble autour de l'église et de sa place, le ravalement de cette dernière, ont été les premiers moments de la redynamisation du centre historique de Froidfond. Bien que limité en volume et en espace la partie historique de Froidfond peut complètement influencer l'ambiance du bourg dans son ensemble. L'ensemble de ces travaux a été complété et mis en scène par le réaménagement de l'espace public, depuis l'église jusqu'au cimetière.


Architecture locale

Les quelques éléments particuliers dans le vocabulaire architectural se retrouvent aux alentours du vieux centre. Les encadrements de portais en pierre taillée en pyramide sur base carrée ou en brique avec la pyramide tronquée. Une facture particulière de murs de clôture en pierre avec couronnement en tuiles mécaniques. Si les boutiques de la rue de l'océan restent dans un anonymat fin XIX° sans relief particulier, en revanche la rue des écoles recèle une vieille boutique avec vitrine en trois parties et porte centrale encadrée par des anneaux de briques en simple épaisseur supportant un gros linteau de bois unique pour la boutique. La partie habitation est d'aspect plus classique avec se voûtains de briques. Le clocher sur base carrée comporte une toiture et une flèche en ardoise d'un forme très particulière, caractéristique des pays de Monts.